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Vivre en Irlande

Payer ses impôts en Irlande quand on est un salarié français expatrié

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Payer ses impôts en Irlande quand on est un salarié français expatrié

Après une expatriation, un Français employé en Irlande paie ses impôts à la source, sur sa fiche de paie : l'impôt sur le revenu irlandais (barème de 20 % puis 40 % en 2026), l'Universal Social Charge (USC) et la cotisation sociale PRSI, retenus par l'employeur via le système Pay As You Earn. La convention fiscale France Irlande évite la double imposition : le salaire n'est imposé qu'en Irlande, mais un revenu de source française, comme un loyer, reste taxé en France.

Trois prélèvements, un seul pays pour le salaire

  • Impôt sur le revenu : 20 % jusqu'à 44 000 € pour une personne seule, 40 % au-delà, moins 4 000 € de crédits d'impôt (personnel et salarié).
  • USC : de 0,5 % à 8 % par tranches ; PRSI : cotisation d'assurance sociale du salarié, prélevée à partir du premier euro au-dessus d'un seuil hebdomadaire.
  • Côté France : déclaration de départ l'année de l'installation, puis uniquement les revenus de source française (loyers, plus-values immobilières).

Comment fonctionne l'impôt sur le revenu en Irlande pour un expatrié ?

L'impôt sur le revenu irlandais, l'income tax, est calculé par exercice civil, du 1er janvier au 31 décembre, et non sur les revenus de l'exercice précédent comme l'ancien système français. Pour un employé, tout passe par la retenue Pay As You Earn : l'employeur retient l'impôt chaque mois sur le salaire brut et le reverse à l'administration fiscale irlandaise, le Revenue. Il n'y a, dans la plupart des cas, aucune déclaration annuelle obligatoire à remplir quand la paie est l'unique revenu.

Le calcul se fait en trois temps. On applique d'abord le barème progressif au revenu imposable : 20 % jusqu'au seuil de la tranche standard, 40 % au-delà. On retire ensuite les crédits d'impôt, qui sont des montants déduits de l'impôt lui-même, et non du revenu. Ce qui reste est l'impôt dû. Le taux marginal irlandais (40 %) arrive donc vite, mais les crédits d'impôt réduisent nettement la charge sur les rémunérations moyennes.

Pour que l'employeur applique les bons crédits, il doit recevoir du Revenue un Revenue Payroll Notification (RPN). Sans ce document, il est tenu d'appliquer l'emergency tax, une imposition d'urgence au taux le plus élevé, sans crédit. C'est le piège le plus fréquent des premiers mois : la première paie arrive amputée, et le trop-perçu n'est rendu qu'une fois la situation régularisée. Le RPN suppose deux choses : un numéro PPS et l'enregistrement de l'emploi dans le compte en ligne myAccount du Revenue. Les démarches pour obtenir ce numéro sont détaillées dans notre article sur le PPS number et les délais pour être payé.

Quels sont les taux d'imposition en Irlande en 2026 ?

Les montants 2026, publiés par l'administration irlandaise dans le cadre du Finance Act, reprennent ceux de 2025 sans changement. La tranche à 20 % (standard rate band) dépend de la situation de famille, et les crédits d'impôt de base sont identiques pour tout employé résident. Les chiffres ci-dessous sont ceux des tableaux officiels du Revenue, relevés le 1er octobre 2026.

Situation du foyerRevenu taxé à 20 %Au-delàCrédits d'impôt de base
Personne seule44 000 €40 %2 000 € (personnel) + 2 000 € (salarié)
Parent isolé48 000 €40 %2 000 € + crédit salarié + crédit parent isolé
Couple marié ou partenaire civil, un seul revenu53 000 €40 %4 000 € (couple) + 2 000 € (salarié)
Couple marié ou partenaire civil, deux revenus53 000 €, augmenté de 35 000 € au plus40 %4 000 € + un crédit salarié par conjoint

Le montant de la tranche « deux revenus » ne se partage pas librement : l'augmentation de 35 000 € au plus est limitée aux gains du conjoint qui gagne le moins. Un couple dont les deux membres travaillent garde donc un avantage net sur deux personnes seules uniquement si les revenus sont proches. Le foyer peut choisir l'imposition commune (joint assessment), ce qui permet de transférer une partie de la tranche à 20 % d'un conjoint à l'autre, à condition que les deux soient résidents fiscaux en Irlande, ou que le conjoint non résident y soit imposé sur l'essentiel de ses revenus.

D'autres crédits d'impôt existent selon la situation : crédit pour loyer payé par un locataire (rent tax credit), crédit pour frais médicaux (20 % des frais de santé non remboursés), crédit pour frais de garde ou pour travail à domicile. Ils se demandent en ligne dans myAccount, en cours d'exercice ou une fois celui-ci clos. Beaucoup d'expatriés les oublient au début ; un conseil : faire le point dès la troisième paie.

USC et PRSI : les deux prélèvements qui s'ajoutent à l'impôt

La fiche de paie irlandaise porte trois lignes de retenue, et non une. Les deux qui s'ajoutent à l'income tax surprennent souvent un nouvel arrivant habitué à la CSG.

L'Universal Social Charge, une taxe sur le revenu brut

L'USC est un impôt calculé sur le revenu brut total, sans crédit ni déduction des cotisations de pension. Pour 2026, l'administration fixe les tranches suivantes : 0,5 % sur les premiers 12 012 €, 2 % sur les 16 688 € suivants, 3 % sur les 41 344 € suivants, puis 8 % sur le restant. La tranche à 2 % a été élargie par rapport à 2025 (elle couvrait 15 370 €) pour suivre la hausse du salaire minimum. Une personne dont le revenu total de l'année est inférieur ou égal à 13 000 € est exonérée d'USC ; au-delà, la totalité du revenu est soumise au barème. Des taux réduits existent pour les titulaires d'une carte médicale (medical card) et les personnes de 70 ans et plus, sous condition de revenu.

La PRSI, l'assurance sociale irlandaise

La PRSI (Pay Related Social Insurance) finance la protection sociale : pension d'État, indemnités de maladie, de maternité, allocation chômage. Un employé du privé relève de la classe A. Sa part a été relevée à 4,1 % le 1er octobre 2024, puis à 4,2 % le 1er octobre 2025, et le gouvernement a programmé d'autres hausses par paliers : vérifiez le taux du moment sur votre fiche de paie. Aucune PRSI n'est due tant que la paie hebdomadaire ne dépasse pas le seuil d'exonération, et un crédit dégressif s'applique juste au-dessus. Les cotisations PRSI ouvrent des droits qui se cumulent avec vos trimestres français grâce aux règles européennes de coordination : une période de travail en Irlande compte pour la retraite comme une période en France, chaque pays versant sa part.

Attention, la PRSI ne donne pas une assurance maladie au sens français : l'hôpital public et le médecin généraliste restent en partie payants pour qui n'a pas de carte médicale. Le fonctionnement du système de santé, des cartes et des assurances privées est expliqué sur notre page consacrée à la santé en Irlande et aux démarches à faire en arrivant.

Exemple chiffré : un salaire brut de 50 000 € en 2026

Prenons une personne seule, employée à Dublin, résidente fiscale en Irlande toute l'année 2026, sans autre revenu ni crédit particulier, avec un RPN en règle. Ce cas sert de repère ; il ne tient pas compte d'une cotisation à un plan de pension, qui réduirait l'impôt sur le revenu (mais pas l'USC).

  • Impôt sur le revenu : 44 000 € à 20 %, soit 8 800 € ; 6 000 € à 40 %, soit 2 400 € ; total brut 11 200 €, moins 4 000 € de crédits d'impôt = 7 200 €.
  • USC : 12 012 € à 0,5 % (60,06 €) + 16 688 € à 2 % (333,76 €) + 21 300 € à 3 % (639 €) = 1 032,82 €.
  • PRSI au taux de 4,2 % : 2 100 €.
  • Total des retenues : environ 10 333 €, soit un revenu net d'environ 39 667 € par an, autour de 3 306 € par mois, un peu moins de 80 % du brut.

Le même calcul pour une rémunération de 80 000 € fait entrer 21 012 € dans la tranche à 8 % de l'USC et 36 000 € dans la tranche à 40 % de l'impôt : le taux marginal combiné, impôt plus USC plus PRSI, dépasse alors 52 % sur chaque euro supplémentaire. C'est la principale différence ressentie avec la France pour un cadre : le taux marginal élevé arrive tôt, autour de 44 000 € de revenu imposable pour une personne seule. À l'inverse, sur une paie modeste, le prélèvement total reste faible grâce aux crédits d'impôt. Le niveau de vie dépend surtout du logement : notre comparatif sur le coût de la vie à Dublin face à Cork aide à traduire ce net en budget réel.

Être résident fiscal en Irlande : la règle des 183 jours

Le droit irlandais rend une personne résidente fiscale pour une année si elle passe 183 jours ou plus en Irlande au cours de cette année civile, ou 280 jours ou plus sur deux années consécutives (avec au moins 30 jours sur chacune). Un jour compte dès que la personne est présente sur le territoire à un moment quelconque de la journée. Un nouvel arrivant qui s'installe en cours d'année peut ne pas atteindre 183 jours la première année : il peut alors demander à être traité comme résident dès son arrivée s'il démontre son intention de rester l'année suivante (election to be resident).

À l'arrivée, l'administration applique un allègement de l'année fractionnée (split year relief) : le salaire irlandais n'est imposé qu'à partir de la date d'installation, et les revenus perçus en France avant le départ ne sont pas taxés en Irlande. C'est le même principe, côté français, qui fait que l'année du départ se partage entre deux pays.

Il existe une notion distincte de la résidence : le domicile, au sens du droit irlandais, qui désigne le pays d'attache durable. Un Français qui s'installe en Irlande reste en général domicilié en France pendant longtemps, et c'est ce qui ouvre l'accès au régime de la remittance basis présenté plus bas.

La convention fiscale France Irlande et la double imposition

La France et l'Irlande sont liées par une convention fiscale signée en 1968, toujours en vigueur. Comme toute convention de ce type, elle répond à une question simple : quand un même revenu intéresse deux États, lequel a le droit de l'imposer ? Pour un expatrié, les grandes règles sont les suivantes.

Salaire d'un emploi exercé en Irlande
Imposé en Irlande, pays où le travail est exercé et où la personne est résidente. La France ne le taxe pas.
Revenus immobiliers (loyer d'un logement en France)
Imposés en France, pays où se trouve le bien. L'Irlande les prend aussi en compte pour un résident, mais accorde un crédit pour l'impôt français, ce qui supprime la double imposition.
Plus-value immobilière sur un bien français
Imposée en France, avec le prélèvement prévu pour les non-résidents ; l'Irlande peut l'imposer au titre de sa propre taxe sur les plus-values, avec imputation de l'impôt français.
Pensions de retraite
Les pensions privées relèvent en principe du pays de résidence ; les pensions publiques (fonction publique) restent imposées par l'État qui les verse. Chaque situation se vérifie dans le texte de la convention avant de prendre une décision.

La convention ne s'applique pas toute seule : il faut déclarer correctement dans chaque pays. En pratique, l'administration irlandaise demande un justificatif de l'impôt payé en France pour accorder le crédit, et l'administration fiscale française applique ses propres règles aux revenus de source française d'un non-résident.

Qu'est-ce que la remittance basis ?

La remittance basis (base de remise) est un régime réservé aux personnes résidentes en Irlande mais non domiciliées en Irlande, ce qui est le cas de la plupart des Français expatriés. Il prévoit que les revenus de source étrangère (hors Irlande et hors Royaume-Uni) ne sont imposés en Irlande que s'ils sont rapatriés, c'est-à-dire versés ou transférés sur le territoire irlandais. Un loyer encaissé sur un compte bancaire français et laissé en France n'est donc pas taxé en Irlande, il ne l'est qu'en France.

Ce dispositif a des limites qu'il faut connaître. Il ne couvre pas le salaire d'un emploi exercé en Irlande, qui reste imposable en entier, même payé sur un compte à l'étranger. Il ne concerne pas non plus la partie d'une rémunération étrangère correspondant à des jours travaillés physiquement en Irlande. Et il suppose de suivre précisément les flux : un virement de France vers l'Irlande peut être considéré comme un rapatriement de revenus. La tenue de deux comptes distincts est souvent conseillée ; pour l'ouverture côté irlandais, voir notre guide pour ouvrir un compte bancaire en Irlande.

Le régime SARP (Special Assignee Relief Programme) est un autre dispositif, destiné aux cadres détachés en Irlande par un groupe étranger avec une rémunération élevée : il exonère une partie de la rémunération de l'impôt sur le revenu (pas de l'USC). Il dépend de conditions strictes posées par l'employeur et le Revenue, et ne concerne pas une personne recrutée localement.

Et en France : déclaration de départ et revenus de source française

Quitter la France ne met pas fin à toutes les obligations fiscales françaises. L'année du départ, la déclaration de revenus se dépose comme d'habitude, au printemps suivant, en ligne sur impots.gouv.fr. Elle porte sur les revenus perçus du 1er janvier à la date de départ, et sur les revenus de source française perçus après cette date. La date de départ et la nouvelle adresse à l'étranger se renseignent dans la déclaration. L'année suivante, le dossier passe au service des impôts des particuliers non-résidents, et seuls les revenus de source française restent à déclarer.

Un non-résident est imposé en France sur ses revenus de source française à un taux minimum (20 % en principe, plus au-delà d'un certain montant), sauf s'il démontre que le taux moyen calculé sur l'ensemble de ses revenus mondiaux serait inférieur. Ce point compte pour un expatrié propriétaire qui loue son ancien logement : le loyer reste imposable en France, mais l'option pour le taux moyen peut réduire l'impôt si le salaire irlandais est modeste.

Sur ces revenus fonciers, un résident d'un autre État membre de l'Union, affilié à la sécurité sociale de cet État, n'acquitte pas la CSG ni la CRDS : seul le prélèvement de solidarité reste dû. C'est le cas d'un employé en Irlande qui cotise à la PRSI. Il faut le signaler dans la déclaration, sans quoi les prélèvements sociaux complets sont appliqués par défaut.

Autres points à vérifier avant le départ : l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) reste dû pour un non-résident sur ses biens immobiliers français si leur valeur nette dépasse le seuil d'imposition ; l'assurance vie souscrite en France se garde, mais la fiscalité des rachats change pour un non-résident ; et l'exit tax française vise les plus-values latentes sur des participations importantes dans des sociétés, ce qui ne concerne qu'une petite partie des expatriés.

Payer ses impôts en Irlande : démarches dans l'ordre

La procédure est simple quand elle est faite dans le bon ordre, et coûteuse quand une étape manque. Voici le guide pas à pas pour s'expatrier en Irlande sans mauvaise surprise sur la paie, à suivre également pour un conjoint qui trouve un emploi :

  1. Obtenir un numéro PPS auprès des services sociaux (Department of Social Protection) : il sert de numéro fiscal et de numéro de sécurité sociale.
  2. Créer son compte myAccount sur le site du Revenue, avec le numéro PPS.
  3. Enregistrer son emploi dans myAccount (Jobs and Pensions), avec le numéro d'employeur indiqué sur le contrat ou par le service paie : c'est ce qui déclenche le RPN et met fin à l'emergency tax.
  4. Vérifier sur la première fiche de paie que les crédits d'impôt et la tranche à 20 % sont bien appliqués, puis demander les crédits complémentaires (loyer, frais médicaux).
  5. Après la clôture de l'année, consulter le relevé annuel de l'emploi (Employment Detail Summary) dans myAccount et, si besoin, déposer la déclaration simplifiée pour récupérer un trop-perçu.

Un employé n'a pas à déposer de déclaration complète (Form 11) tant que ses revenus hors salaire restent faibles. Dès qu'il perçoit un revenu non soumis à la retenue à la source au-delà d'un certain montant, par exemple un loyer rapatrié ou une activité de travailleur indépendant, il passe au régime de l'auto-déclaration, avec une date limite de dépôt fin octobre de l'année suivante. Les formalités d'entrée sur le territoire pour un ressortissant européen sont rappelées dans notre page visa, travail et séjour en Irlande.

Quels sont les avantages fiscaux en Irlande pour un salarié ?

L'Irlande est connue pour son impôt sur les sociétés à 12,5 %, qui attire les entreprises internationales à Dublin, mais ce taux ne concerne pas les particuliers. Pour une personne physique, l'imposition des revenus n'est pas plus légère qu'en France : elle est différente. Les points favorables sont la retenue à la source intégrale, l'absence d'impôt local sur l'habitation pour un locataire (la Local Property Tax est payée par le propriétaire), les crédits d'impôt qui protègent les bas revenus, et la déduction des cotisations à un plan de pension, qui réduit l'impôt au taux marginal.

Ce qui joue contre lui : le taux de 40 % atteint dès 44 000 € pour une personne seule, l'USC à 8 % sur la partie haute des gains, un coût du logement élevé à Dublin, et une protection sociale moins étendue qu'en France, qui conduit beaucoup d'expatriés à souscrire une assurance santé privée. Le bilan dépend donc du niveau de rémunération et de la situation de famille ; il n'existe pas de réponse unique.

Côté patrimoine, les donations et successions relèvent en Irlande de la Capital Acquisitions Tax, au taux de 33 % au-delà d'abattements par groupe de bénéficiaires. Un expatrié qui reçoit une donation de France peut être concerné par les deux pays ; la convention de 1968 ne traite pas de ces droits, ce qui justifie un conseil spécialisé avant tout transfert important.

Indépendant, investisseur, famille : les cas qui changent le calcul

Tout ce qui précède vaut pour l'expat employé en CDI. Plusieurs situations sortent du modèle et méritent une lecture particulière, voire l'avis d'un conseiller fiscal qui connaît les deux pays.

Travailler en Irlande comme indépendant

Un travailleur indépendant n'a pas de retenue à la source : il s'enregistre lui-même auprès du Revenue, verse des acomptes et dépose le formulaire Form 11 chaque automne. L'impôt sur le revenu et l'USC suivent le même barème, mais l'USC monte à 11 % sur la part des revenus non salariaux supérieure à 100 000 €, et la PRSI relève de la classe S. Une perte d'exploitation se reporte sur les bénéfices des années suivantes. Le nouveau venu qui démarre une activité a intérêt à tenir dès le premier jour une comptabilité claire, car le Revenue peut demander les justificatifs sur une durée de six ans.

Investissement locatif et capitaux placés

Un investissement locatif en Irlande produit un revenu foncier imposable en Irlande, calculé après déduction des intérêts d'emprunt et des frais d'entretien. La cession d'un bien ou de titres relève de la Capital Gains Tax, au taux de 33 %, avec un petit abattement annuel par personne. Les placements financiers suivent des règles propres : les fonds d'investissement irlandais et européens sont taxés à part, avec une imposition calculée tous les huit ans même sans vente, ce qui surprend souvent les nouveaux arrivants. Avant de déplacer une épargne de France, il est utile de comparer l'effet fiscal des deux côtés : un contrat laissé en France n'a pas le même traitement qu'un produit souscrit sur le marché irlandais.

Enfants, durée du séjour et exception du détachement

La présence d'un enfant à charge ne modifie pas le barème irlandais, contrairement au quotient familial français, mais elle ouvre l'allocation familiale (Child Benefit) et, pour un parent isolé, une tranche plus large. Un employé détaché par une entreprise française pour une durée limitée reste, par exception, affilié à la sécurité sociale française pendant le détachement : il ne cotise pas à la PRSI, mais sa paie peut être imposée en Irlande dès que la règle des 183 jours est atteinte. Pour toute information sur un cas particulier, le moyen le plus sûr est de s'adresser au Revenue par le service de messagerie de myAccount, en anglais, ou au centre des finances publiques des non-résidents par l'espace particulier d'impots.gouv.fr sur internet.

Choisir sa ville d'installation

Le lieu de vie ne change rien à l'impôt sur le revenu : le barème est national, qu'on habite Dublin, Cork, Galway ou une petite ville de l'ouest. Ce qui varie d'une ville à l'autre, c'est le loyer, et donc le montant du rent tax credit utile à demander, ainsi que la Local Property Tax payée par un propriétaire, qui dépend de la valeur du logement. La destination choisie pèse ainsi davantage sur le budget que sur la feuille d'impôt.

Le retour en France ou le départ d'Irlande

Quitter l'Irlande déclenche la démarche inverse. Le dernier bulletin versé, l'administration irlandaise recalcule l'impôt dû sur la période passée dans le pays : un remboursement est fréquent, car les crédits d'impôt ont été répartis sur toute l'année alors que le travail a cessé plus tôt. Il se demande dans myAccount, en indiquant la date de départ. L'allègement de l'année fractionnée joue aussi l'année du départ, pour une personne qui ne revient pas l'année suivante.

En France, la déclaration de l'année du retour porte sur les revenus perçus depuis la date de retour, et redevient complète l'année suivante. Les cotisations PRSI versées restent acquises pour la retraite : elles seront prises en compte au moment de la liquidation, par l'organisme irlandais, à condition d'avoir conservé son numéro PPS et ses relevés de cotisations.

Salaire irlandais déclaré en France, loyer français et première paie

Faut-il déclarer son salaire irlandais en France ?

Une fois non résident, le salaire irlandais n'a pas à figurer dans la déclaration française. Il n'apparaît que l'année du départ, pour la période passée en France, ou si vous choisissez le taux moyen pour vos revenus de source française.

Comment éviter la double imposition sur un loyer français ?

Le loyer est imposé en France ; en Irlande, il échappe à l'impôt s'il n'est pas rapatrié (remittance basis), ou ouvre droit à un crédit pour l'impôt français s'il l'est. Gardez les avis d'imposition français pour le justifier.

Pourquoi ma première paie est-elle si faible ?

L'employeur n'a pas encore reçu de RPN et applique l'emergency tax. Dès que l'emploi est enregistré dans myAccount avec un numéro PPS, les paies suivantes rattrapent le trop-perçu.

Un couple peut-il être imposé ensemble si un seul conjoint vit en Irlande ?

L'imposition commune suppose en principe la résidence des deux conjoints en Irlande. Si le conjoint resté en France n'a pas de revenu imposable en Irlande, le Revenue peut accorder certains avantages au cas par cas, sur demande.

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