Une rivière en Irlande : le Shannon filmé pour France 5

Diffusé sur France 5 en 2014, « Une rivière en Irlande » suit le Shannon de sa source à l'océan Atlantique, au rythme des saisons. Souvent cherché sous la formule documentaire rivière Irlande, ce film tiré d'une série de la télévision publique irlandaise revient dès qu'un magazine nature dresse sa sélection de films sur l'île.
- Titre original
- Ireland's Wild River, série documentaire de la chaîne RTÉ réalisée par John Murray et présentée par Colin Stafford-Johnson.
- Version française
- « Une rivière en Irlande », programmée par France 5 en 2014.
- Le sujet
- Le plus long fleuve irlandais, ses lacs, ses prairies inondables et la faune de ses berges.
Ireland's Wild River, l'origine du film diffusé en France
Le documentaire « Une rivière en Irlande » est l'adaptation française d'Ireland's Wild River, une série documentaire produite pour RTÉ, la télévision publique irlandaise. Le réalisateur John Murray et le cameraman animalier Colin Stafford-Johnson y descendent le fleuve sur toute sa longueur, souvent à bord d'un canoë, au ras de l'eau et des roselières. Ce choix de mise en scène donne au film son rythme lent : la caméra attend la loutre, le héron ou le banc de poissons plutôt que de multiplier les plans aériens.
Le présentateur, naturaliste connu pour ses tournages animaliers à l'étranger, signe ici un retour au pays. Son commentaire, doublé pour la version française, mêle observations de terrain et souvenirs d'enfance au bord de l'eau. Le duo a ensuite prolongé l'exploration avec Ireland's Wild Coast, une autre série consacrée cette fois au littoral atlantique de l'île. France 5 a programmé la version française dans sa case de documentaires nature, à côté des magazines de découverte qui font l'identité de la chaîne.
Le Shannon, long fleuve de 360 kilomètres entre lacs et prairies
Le fleuve Shannon prend sa source au Shannon Pot, une petite vasque au pied des monts Cuilcagh, dans le comté de Cavan. Il traverse ensuite le Lough Allen, le Lough Ree et le Lough Derg avant de rejoindre l'Atlantique par un large estuaire en aval de Limerick. Avec environ 360 kilomètres, estuaire compris, il reste le plus long cours d'eau d'Irlande et des îles Britanniques.
Entre Athlone et Portumna, le lit s'étale l'hiver sur les callows, des prairies inondables fauchées tard en saison. Ces terres basses, que le documentaire filme sous la brume, abritent une flore humide et des oiseaux nicheurs devenus rares ailleurs en Europe. Plus au sud, la centrale hydroélectrique d'Ardnacrusha, mise en service en 1929, a transformé le cours inférieur du fleuve : elle a fourni l'essentiel de l'électricité du jeune État irlandais, mais elle gêne encore la remontée des poissons migrateurs.
Pourquoi le titre français parle-t-il de rivière et non de fleuve ?
Le titre « Une rivière en Irlande » traduit directement l'anglais river, qui ne distingue pas rivière et fleuve. En géographie française, le Shannon mérite pourtant le nom de fleuve, puisqu'il se jette dans la mer. Cette nuance explique que beaucoup de spectateurs cherchent le film sous la formule « fleuve irlandais » plutôt que par son titre exact.
Faune des rives contrastées : ce que la caméra attend
Le film consacre une large place aux animaux du fleuve, et cette faune forme le vrai fil du récit. Plusieurs espèces reviennent au fil des saisons :
- La loutre d'Europe, présente sur presque tout le linéaire, filmée à l'aube près des berges.
- Le saumon atlantique, dont la remontée vers les frayères souffre des barrages du cours inférieur.
- Le râle des genêts, oiseau discret des callows, dont le chant grinçant signale les prairies fauchées tardivement.
- Le martin-pêcheur et le héron cendré, chasseurs patients des eaux calmes.
Le Lough Derg tient aussi une place à part dans l'histoire naturelle récente du pays : le pygargue à queue blanche, réintroduit dans le comté de Kerry à partir de 2007, y a niché près de Mountshannon, et les premiers poussins sauvages depuis plus d'un siècle y ont éclos en 2013. Ce retour illustre l'Irlande sauvage que le documentaire veut montrer, fragile et dépendante de la qualité de l'eau.
Les saisons changent aussi le paysage du cours d'eau. Dès octobre, les cygnes chanteurs venus d'Islande hivernent sur les prairies inondées, tandis que septembre ramène les brumes du matin sur les lacs. Ces images de grands espaces gris et verts font la beauté du film, loin des cartes postales ensoleillées de l'Ouest et du Kerry.
Revoir Une rivière en Irlande et ses voisins du petit écran
Où regarder le documentaire Une rivière en Irlande ?
Le documentaire « Une rivière en Irlande » n'a pas de disponibilité permanente connue en replay. Le plus sûr consiste à chercher le titre sur france.tv et dans les grilles des magazines de programmes, comme Télérama, qui signalent les rediffusions sur France 5 et sur les chaînes thématiques. La version originale, Ireland's Wild River, apparaît par périodes sur la plateforme de RTÉ, selon les droits du moment.
Quels autres documentaires sur l'Irlande regarder ?
Plusieurs documentaires sur l'Irlande complètent bien ce film. Le magazine de voyage de France 5 a ainsi consacré un numéro à l'Irlande à vélo d'Échappées belles, plus humain et plus touristique. Côté nature, Ireland's Wild Coast prolonge le regard du même naturaliste sur la façade atlantique.
Le film montre-t-il aussi l'Irlande du Nord ?
Le Shannon coule entièrement en République d'Irlande, et le film reste donc au sud de la frontière. Le canal Shannon-Erne, rouvert en 1994, relie toutefois le fleuve au Lough Erne, en Irlande du Nord : un bateau peut passer d'un bassin à l'autre sans quitter l'eau.
Sionann et le saumon du savoir, la légende derrière le nom
Le nom du fleuve vient d'une figure de la mythologie irlandaise, Sionann, petite-fille du dieu de la mer Lir. Selon le récit le plus répandu, elle se rend au puits de Connla, où tombent les noisettes des neuf coudriers de la sagesse, pour y goûter un savoir interdit aux mortels. L'eau du puits jaillit alors, emporte la jeune femme vers la mer et creuse le lit du fleuve qui porte son nom.
Le saumon du savoir appartient au même cycle : en mangeant ces noisettes, le poisson acquiert toute la connaissance du monde, et le jeune Fionn mac Cumhaill la reçoit à son tour en goûtant sa chair. Les conteurs situent cette scène sur la Boyne, mais le motif du puits et du saumon relie les grands cours d'eau de l'île dans l'histoire irlandaise orale. Ces récits, et bien d'autres, se retrouvent dans notre rubrique consacrée aux légendes et au folklore irlandais.
Suivre le fleuve en voyage, du billet de train au canoë
Longer le Shannon se prépare surtout autour de trois villes faciles d'accès. Un billet de train depuis Dublin Heuston mène à Limerick, près de l'estuaire, ou à Athlone, sur la ligne de Galway, au bord du Lough Ree. La ligne de Sligo dessert Carrick-on-Shannon, porte d'entrée du cours supérieur et de ses ports de plaisance.
- Le bateau de location : les loueurs de bateaux habitables confient leurs embarcations sans permis, après une initiation sur place.
- Le canoë : les parcours balisés des Blueways permettent de pratiquer ce sport de pagaie par étapes, dans l'esprit du tournage.
- La randonnée et le vélo : les chemins de halage et les petites routes des callows se parcourent à pied ou à vélo.
Pour l'observation des oiseaux, le printemps et le début de l'été restent les saisons les plus riches, quand le râle des genêts chante dans les prairies.
Le documentaire nature irlandais, un genre suivi par les magazines français
Le documentaire nature sur l'Irlande occupe une place stable dans les grilles françaises. France 5 en diffuse régulièrement, en plus de son magazine de voyage, et France 3 aborde l'île dans des magazines comme Des racines et des ailes ou Thalassa, côté mer. La presse prend le relais : un magazine de programmes consacre souvent un article de quelques lignes à chaque diffusion, et un magazine de voyage cite volontiers ces films dans ses dossiers sur l'Ouest irlandais.
Le public de ces films ne se limite pas aux spectateurs du dimanche. Un blog de voyage qui raconte une croisière sur le Shannon renvoie souvent au documentaire, et les amateurs de séries irlandaises découvrent par ce biais l'arrière-pays qu'ils ne voient qu'en toile de fond. Ce film documentaire tient bien la comparaison avec les productions plus récentes, car il montre un fleuve vivant plutôt qu'un décor de carte postale. Faute de replay garanti, un article de presse ou une vidéo d'extrait sur le site de la chaîne aide souvent à repérer la prochaine rediffusion, en direct ou sur une chaîne du câble. Pour prolonger la découverte du pays à l'écran, la rubrique cinéma et télévision irlandais rassemble séries, films et émissions tournés sur l'île.



