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Les chansons irlandaises les plus célèbres et leur histoire

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Les chansons irlandaises les plus célèbres

La musique irlandaise connue dans le monde entier tient en une poignée de chansons : Danny Boy, Molly Malone, The Wild Rover, Dirty Old Town ou The Fields of Athenry. Chaque chanson irlandaise de cette liste repose sur une mélodie ancienne, que les musiciens irlandais jouent au violon, à la flûte, à l'accordéon ou à la cornemuse dans les pubs, de la Saint Patrick aux soirées de session.

Les titres que tout le monde fredonne
Danny Boy, Molly Malone, The Wild Rover, Whiskey in the Jar, The Fields of Athenry, Raglan Road.
Les groupes irlandais qui les ont rendues célèbres
The Dubliners, Luke Kelly, The Pogues, The High Kings, Sinéad O'Connor.
Les instruments de la musique traditionnelle irlandaise
Flûte en bois, tin whistle, fiddle, uilleann pipes, harpe et bodhrán.

Pourquoi ces chansons irlandaises sont-elles connues partout ?

Les chansons irlandaises les plus connues voyagent avec les Irlandais eux-mêmes. Entre la Grande Famine de 1845-1849 et le milieu du XXe siècle, des millions d'habitants quittent l'île pour les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada ou l'Australie. Ils emportent un répertoire appris par tradition orale, chanté à la veillée, au pub ou sur le pont des bateaux. Cette diaspora explique pourquoi la musique irlandaise résonne aujourd'hui à Boston, à Liverpool ou à Sydney autant qu'à Dublin.

La seconde vague arrive dans les années 1960 avec le renouveau folk. Des groupes comme The Dubliners, The Clancy Brothers ou The Chieftains enregistrent des ballades jusque-là chantées dans les cuisines et les arrière-salles. La radio, puis le disque, fixent des versions que l'on reprend encore mot pour mot. Le public de la musique folk anglo-saxonne adopte ce répertoire, et les chansons franchissent l'Atlantique dans l'autre sens.

Le troisième moteur reste la fête de la Saint Patrick, le 17 mars. Ce jour-là, de New York à Lorient, chaque soirée irlandaise reprend les mêmes refrains : Molly Malone, The Wild Rover, Whiskey in the Jar. Les supporters des équipes nationales de rugby et de football font le reste, en entonnant The Fields of Athenry dans les stades à travers le monde.

Les classiques que tout le monde reprend en chœur

Les classiques de la musique traditionnelle irlandaise ont une histoire souvent plus surprenante que leur refrain. Plusieurs viennent d'Angleterre ou d'Écosse, d'autres sont bien plus récents qu'ils n'en ont l'air. Le tableau donne l'origine des six titres les plus repris.

ChansonOrigine connueVersion qui l'a popularisée
Danny BoyParoles de Frederic Weatherly (1913) sur le Londonderry Air, publié en 1855Innombrables interprètes, de la diaspora américaine aux chanteurs de variété
Molly MaloneChanson de music-hall publiée dans les années 1880Hymne officieux de Dublin, statue dans la ville depuis 1988
The Wild RoverBallade anglaise sur feuille volante, XVIIe siècleThe Dubliners
Dirty Old TownÉcrite par Ewan MacColl sur Salford, en AngleterreThe Dubliners, puis The Pogues
Rocky Road to DublinTexte de D. K. Gavan, XIXe siècle, sur un rythme de slip jigThe Dubliners, The High Kings
The Fields of AthenryComposée en 1979 par Pete St. JohnPaddy Reilly, puis les tribunes des stades

Danny Boy, l'air de Londonderry

Danny Boy est probablement la chanson irlandaise la plus connue hors d'Irlande, et ses paroles sont pourtant l'œuvre d'un avocat anglais, Frederic Weatherly. Il les adapte en 1913 à une mélodie recueillie dans le comté de Londonderry, en Irlande du Nord, et publiée en 1855 dans la collection de George Petrie sous le nom de Londonderry Air. Le texte, un adieu à un fils qui part, colle si bien à l'histoire de l'émigration que la diaspora irlandaise d'Amérique en fait son chant de deuil et de mémoire.

Molly Malone et The Wild Rover, deux refrains de pub

Molly Malone raconte la vie d'une marchande de coques et de moules qui pousse sa brouette dans les rues de Dublin, puis meurt de fièvre. La chanson paraît dans les années 1880 comme pièce de music-hall ; aucun document ne prouve que Molly a existé. Dublin lui a malgré tout dressé une statue en 1988, pour le millénaire de la ville, et le refrain « Alive, alive, oh » sert d'hymne officieux aux supporters dublinois.

The Wild Rover descend d'une ballade anglaise du XVIIe siècle imprimée sur feuille volante. Certains historiens y lisent à l'origine un chant de tempérance : le héros, après des années d'excès, décide de rentrer chez ses parents et de changer de vie. Le refrain « No, nay, never » se reprend en tapant sur la table, dans chaque pub irlandais du pays.

Dirty Old Town et The Fields of Athenry

Dirty Old Town naît en Angleterre : Ewan MacColl l'écrit en 1949 sur Salford, sa ville industrielle près de Manchester. The Dubliners puis The Pogues l'adoptent et en font un standard du répertoire folk irlandais. The Fields of Athenry, que beaucoup croient ancienne, date de 1979. Pete St. John y raconte l'histoire d'un homme déporté en Australie pour avoir volé du grain pendant la Grande Famine, séparé de sa femme restée près d'Athenry, dans le comté de Galway.

Les voix qui ont fait connaître le chant irlandais

Le chant irlandais moderne doit sa notoriété à quelques groupes et interprètes qui ont enregistré les ballades populaires au bon moment. Pour un panorama plus large des artistes de l'île, acteurs et sportifs compris, voir notre sélection des plus grandes stars irlandaises.

The Dubliners et Luke Kelly

The Dubliners se forment en 1962 dans le pub O'Donoghue's, à Dublin. Leur répertoire couvre presque tout ce que le public connaît aujourd'hui : The Wild Rover, Whiskey in the Jar, Rocky Road to Dublin, Seven Drunken Nights, The Black Velvet Band. Luke Kelly, leur chanteur à la barbe rousse, livre la version de référence de Raglan Road, un poème de Patrick Kavanagh chanté sur l'air traditionnel The Dawning of the Day. Kavanagh lui-même aurait donné son accord à Luke Kelly dans un pub de Dublin.

The Pogues et Shane MacGowan

The Pogues naissent à Londres au début des années 1980, autour de Shane MacGowan, fils d'émigrés irlandais. Le groupe mêle la musique traditionnelle irlandaise à l'énergie du punk. Fairytale of New York, enregistré en 1987 avec Kirsty MacColl, la fille d'Ewan MacColl, revient chaque hiver dans les classements britanniques. Shane MacGowan meurt en novembre 2023.

Sinéad O'Connor, The High Kings et Rory Gallagher

Sinéad O'Connor reste célèbre pour Nothing Compares 2 U, une chanson de Prince, mais elle enregistre aussi des chants traditionnels sur l'album Sean-Nós Nua, en 2002. Elle meurt à Londres en juillet 2023. The High Kings, formés en 2007, reprennent les ballades à plusieurs voix et remplissent toujours les salles. Rory Gallagher, guitariste né à Ballyshannon et élevé à Cork, appartient au blues-rock plutôt qu'au folk, mais il reste pour beaucoup la grande figure de la musique irlandaise des années 1970.

Musique traditionnelle irlandaise, musique celtique, musique folk : quelles différences ?

La musique traditionnelle irlandaise désigne le répertoire transmis de génération en génération, surtout des morceaux de danse et des chansons. Les musiciens anglophones parlent d'Irish traditional music, ou simplement de « trad ». Elle se transmet d'oreille plus que par la partition, ce qui explique les variantes d'un comté à l'autre. Son histoire, des bardes aux premiers enregistrements, se lit dans la page consacrée à la musique irlandaise traditionnelle. Les écarts de style restent nets : le style d'East Galway, par exemple, joue les reels plus lentement et plus ornés que celui de Sligo.

La musique celtique est une étiquette plus large, née dans les années 1970, qui rassemble l'Irlande, l'Écosse, la Bretagne, la Galice ou le pays de Galles. Le harpiste breton Alan Stivell l'a popularisée en France avec la renaissance de la harpe celtique. La musique folk, enfin, recouvre les chansons populaires à texte, irlandaises ou non, souvent accompagnées à la guitare : Dirty Old Town en fait partie.

La musique classique croise aussi ce répertoire. Turlough O'Carolan (1670-1738), harpiste aveugle et itinérant, compose plus de deux cents morceaux qui mêlent mélodie gaélique et influence baroque italienne ; son Carolan's Concerto reste joué en session. Au XXe siècle, le collecteur Breandán Breathnach réunit des milliers de morceaux instrumentaux dans les volumes de Ceol Rince na hÉireann et fonde en 1968 l'association des sonneurs d'uilleann pipes, Na Píobairí Uilleann.

Les instruments de musique d'une session irlandaise

Les instruments de musique d'une session irlandaise se reconnaissent à l'oreille avant même d'entrer dans le pub. Le bodhrán, tambour sur cadre frappé avec une petite baguette, donne la pulsation ; son histoire est détaillée dans notre page sur le bodhrán, tambour traditionnel. Autour de lui, chaque instrument porte la mélodie à sa manière.

  • Le violon (fiddle) : le même instrument que le violon classique, joué avec des ornements, des coups d'archet courts et sans vibrato.
  • La flûte irlandaise : une flûte traversière en bois à système simple, au son plus rond et plus soufflé que la flûte de concert. Les flûtistes de session respirent dans la mélodie et ornent chaque phrase.
  • Le tin whistle : un petit sifflet métallique à six trous, peu coûteux, que la plupart des musiciens apprennent en premier.
  • Les uilleann pipes : la cornemuse irlandaise, gonflée par un soufflet sous le coude (uilleann veut dire coude en gaélique), qui permet de jouer assis et de chanter en même temps.
  • La harpe irlandaise : instrument des bardes, emblème national présent sur les pièces de monnaie et le sceau de l'État.
  • L'accordéon diatonique, le banjo, la concertina et le bouzouki : venus d'ailleurs, ces instruments entrent dans les sessions au XXe siècle et donnent aux morceaux une ambiance plus dansante.

La flûte et le tin whistle restent les portes d'entrée les plus fréquentes : une flûte en bois s'emporte partout, et les morceaux de danse se jouent presque tous dans les tonalités de ré et de sol, celles de ces instruments.

Danser sur la musique irlandaise : jig, reel, hornpipe

La musique irlandaise est d'abord une musique de danse : la majorité des morceaux instrumentaux joués en session, les tunes des anglophones, sont des reels, des jigs et des hornpipes, et chaque forme se reconnaît à son rythme. Le reel, en 4/4, est rapide et fluide ; la jig, en 6/8, sautille ; la slip jig, en 9/8, donne Rocky Road to Dublin et The Butterfly ; le hornpipe, plus lent et pointé, se danse en chaussures dures.

La danse irlandaise se pratique sous deux grandes formes. La set dance réunit quatre couples dans une figure héritée des quadrilles, comme le Connemara set ou le Clare set, et se danse dans les salles paroissiales et les festivals. La danse en solo, bras le long du corps, est celle des compétitions, et le monde entier la découvre en 1994 avec Riverdance, présenté pendant l'entracte du concours Eurovision à Dublin.

Pour une soirée irlandaise réussie, une poignée de reels et de jigs suffit à faire lever la salle ; les ballades lentes se gardent pour la fin, quand chacun connaît assez de paroles pour suivre.

Où écouter de la musique irlandaise ?

Écouter de la musique irlandaise en direct reste la meilleure façon de la comprendre, et l'Irlande offre des rencontres musicales presque chaque soir.

  • Les sessions de musique en pub : une session de musique traditionnelle réunit des musiciens assis autour d'une table, qui enchaînent les morceaux sans scène ni programme. À Dublin, les pubs de Temple Bar en proposent tous les jours ; à Doolin, Ennis ou Galway, l'ambiance est plus locale.
  • Les festivals : la Fleadh Cheoil na hÉireann, organisée chaque année en août par l'association Comhaltas Ceoltóirí Éireann (fondée en 1951), est le grand rassemblement de la musique traditionnelle irlandaise. En France, le Festival interceltique de Lorient, créé en 1971, accueille chaque mois d'août des groupes venus d'Irlande.
  • Un concert de musique irlandaise en salle : The High Kings, Altan, Lúnasa ou les héritiers des Chieftains tournent régulièrement en Europe.
  • La musique live de la Saint Patrick : autour du 17 mars, les pubs irlandais de France programment groupes et sessions ouvertes.
  • Le streaming : Spotify et Apple Music proposent chacun une playlist de musique irlandaise, et les archives de la radio publique RTÉ conservent des enregistrements anciens.

Côté ballades sentimentales, de Carrickfergus à She Moved Through the Fair, une page entière recense les plus belles chansons d'amour irlandaises.

Sean-nós et ballades : chanter comme en Irlande

Le sean-nós, « l'ancienne manière » en gaélique, est le chant irlandais le plus ancien encore pratiqué. Il se chante seul, sans accompagnement, avec des ornements très libres, souvent en langue irlandaise, et domine encore dans les régions du Connemara et du Donegal où l'on parle le gaélique. Les ballades en anglais, comme The Wild Rover ou The Rocky Road to Dublin, se chantent au contraire en groupe, avec un refrain que tout le pub reprend.

Apprendre quelques-unes de ces chansons demande peu de choses : écouter la version des Dubliners, retenir le refrain, puis se joindre à une session de chant (singing session) où chacun entonne à son tour. La règle tacite veut qu'on écoute en silence celui qui chante seul, et qu'on ne reprenne que le refrain. Une playlist de chansons à refrain, écoutée quelques jours avant un voyage, suffit souvent pour suivre l'ambiance d'un pub dès le premier soir.

Chants irlandais : trois doutes fréquents

Quelle est la chanson irlandaise la plus connue ?

Danny Boy est la chanson irlandaise la plus connue à l'étranger, devant Molly Malone et The Wild Rover. En Irlande même, The Fields of Athenry et Molly Malone sont sans doute les plus chantées, notamment dans les stades.

Whiskey in the Jar est-elle une chanson traditionnelle ?

Whiskey in the Jar est bien une chanson traditionnelle : elle raconte l'histoire d'un bandit de grand chemin trahi par sa compagne. The Dubliners l'enregistrent dans les années 1960, Thin Lizzy en fait un succès rock en 1972 et Metallica la reprend en 1998.

Quelles chansons irlandaises apprendre aux enfants ?

Les enfants retiennent vite Molly Malone, The Rattlin' Bog, I'll Tell Me Ma et Star of the County Down, des chansons à refrain répétitif qu'on chante dans les écoles de l'île et en famille.

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