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Phoques d'Irlande : les sites, la saison et les bons gestes

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Phoques d'Irlande : les sites, la saison et les bons gestes

Deux espèces de phoque vivent en Irlande toute l'année : le phoque gris et le phoque commun, dit veau-marin. Autour de Dublin, le port de Howth en accueille presque chaque jour ; il suffit d'ajouter une sortie vers Kenmare, les Blasket ou Rathlin pour voir les colonies sauvages.

Phoques irlandais en quatre repères

Deux résidents
Phoque gris, le plus massif, et veau-marin, plus discret, présents toute l'année sur le littoral.
Près de Dublin
Howth, Ireland's Eye, Dalkey Island et Bull Island, accessibles sans voiture depuis la capitale.
La meilleure période
Juin et juillet pour les jeunes du phoque commun, septembre à décembre pour ceux du phoque gris.
La règle d'or
Garder ses distances, ne jamais nourrir ni toucher un phoque, tenir son chien en laisse.

Quelles espèces de phoques vivent en Irlande ?

Les phoques présents en Irlande se répartissent entre deux résidents : le gris (Halichoerus grypus) et le phoque commun (Phoca vitulina), ou veau-marin. Ces mammifères de l'Atlantique Nord trouvent sur l'île le cœur de leur aire de répartition, entre la Bretagne, l'Écosse et la Scandinavie.

Le gris fréquente surtout les rivages exposés à l'Atlantique et les îles du large, où il met bas sur des plages de galets ou au fond des grottes. Le veau-marin préfère les eaux abritées : baies, estuaires, bancs de sable découverts à marée basse. Qui longe les baies du Kerry ou les anses du Connemara voit donc plus souvent des veaux-marins, alors qu'un passage aux Blasket ou à Inis Mór montre surtout des gris.

Des visiteurs arctiques, comme le phoque à capuchon ou celui du Groenland, apparaissent de loin en loin sur le littoral irlandais, sans y vivre ; chaque observation reste exceptionnelle et donne lieu à des signalements dans la presse locale.

Gris ou veau-marin : comment les distinguer

Les reconnaître demande un peu d'habitude, car la couleur du pelage varie selon l'âge, le sexe et le fait que l'animal soit sec ou mouillé. Le profil de la tête reste le critère le plus sûr.

CritèreGrisVeau-marin
Profil de la têteLong museau droit, front plat, allure « romaine »Tête ronde, front bombé, museau court, allure de chiot
NarinesParallèles, bien écartéesEn forme de V
Taille adulteMassive, le mâle dépasse souvent 2 mètresPlus modeste, autour de 1,5 mètre
NaissancesAutomne, jeune au pelage blanc qui reste à terreJuin, jeune qui nage dès ses premières heures
Habitat favoriRivages battus, îles, grottesBaies abritées, estuaires, bancs de sable

Où voir des phoques autour de Dublin ?

Dublin est l'une des rares capitales européennes où l'on voit des phoques depuis un quai, à une demi-heure de train du centre. La baie de Dublin réunit plusieurs sites faciles d'accès par le DART, le train de banlieue qui longe le littoral, ce qui en fait une étape simple pour un premier séjour sans voiture.

Howth et l'île d'Ireland's Eye

Le port de Howth est le site le plus connu pour voir un phoque à Dublin. Quelques gris tournent en permanence autour du quai occidental, à côté des poissonneries où ils guettent les déchets de poisson. Les voir d'aussi près surprend, mais la scène pose un vrai problème : nourrir ces animaux les habitue à l'homme, les expose aux hélices et modifie leur régime. À Howth, mieux vaut regarder sans rien jeter à l'eau.

Depuis le quai est de Howth, des vedettes traversent en quelques minutes vers Ireland's Eye, l'île inhabitée qui fait face au port. Le tour de l'île longe des rochers où se reposent des phoques, sous une falaise où niche une colonie de fous de Bassan et de guillemots, des oiseaux faciles à suivre à la jumelle. Le sentier côtier de Howth Head complète bien la sortie : depuis la terre ferme, une paire de jumelles suffit souvent pour repérer des têtes rondes entre les vagues.

Dalkey Island, Bull Island et le sud de la baie

Au sud de Dublin, Dalkey Island abrite une colonie modeste, visible depuis Coliemore Harbour et le parc de Sorrento. Des clubs proposent des sorties en kayak de mer qui longent l'île à bonne distance des animaux ; c'est la manière la plus calme d'approcher un phoque dans la baie de Dublin. Au nord, les plages de Bull Island, réserve naturelle reliée à la ville par une digue, servent de reposoir à marée basse. Ces sites gardent l'avantage d'une observation sans bateau, au rythme des marées.

Kenmare, les Blasket et la côte du Kerry

La baie de Kenmare forme un bras de mer abrité où le veau-marin trouve des îlots et des bancs de rochers pour se reposer. Des excursions en bateau partent du quai de la ville aux beaux jours et longent ces reposoirs à vitesse réduite ; le village et les montagnes se découvrent pendant le trajet. Le Comté de Kerry offre ici l'un des sites les plus fiables du pays pour une observation de phoques en Irlande, en plus du parc national de Killarney tout proche.

Plus à l'ouest, au bout de la péninsule de Dingle, l'archipel des Blasket Islands accueille l'une des principales colonies de phoques gris du pays. Sur Great Blasket, l'île principale de l'archipel, accessible en bateau depuis Dún Chaoin quand la mer le permet, les phoques se reposent sur la plage de sable blanc en contrebas du village abandonné. Les falaises voisines abritent aussi le crave à bec rouge, un corvidé rare qui niche aussi vers Dingle. Plus au sud, dans le comté de Cork, la traversée vers Garinish Island depuis Glengarriff passe devant des rochers couverts de phoques communs, une rencontre presque assurée par temps calme.

Connemara, Aran, Rathlin et Strangford, loin des foules

Le littoral atlantique de l'Irlande compte de nombreux sites à phoques moins fréquentés. Sur Inis Mór, la principale île d'Aran au large de Galway, une colonie de gris se repose sur les rochers de Port Chorrúch, à quelques pas du sentier qui mène au fort de Dún Aonghasa. Dans le Connemara, les anses autour de Roundstone et de l'île d'Inishbofin, au large du parc national de Connemara, abritent des phoques communs visibles à marée basse.

En Irlande du Nord, l'île de Rathlin, à une traversée en ferry de Ballycastle, accueille des phoques dans la baie de Mill Bay, à côté du port. L'île est aussi réputée pour son centre d'observation des oiseaux marins, où nichent les macareux à la belle saison. La route du littoral d'Antrim passe par les ruines du château de Dunluce, perché sur sa falaise, une halte qui complète bien la journée.

Plus au sud, le lough de Strangford, grand bras de mer du comté de Down, abrite une importante population de veaux-marins. À Portaferry, l'aquarium Exploris gère un centre de soins où des animaux recueillis sont soignés avant leur remise en liberté : une façon de les voir de près sans les déranger dans leur milieu.

Quelle est la meilleure période pour voir des phoques ?

Les phoques se voient en Irlande toute l'année, car aucun des deux résidents ne migre loin du rivage. La meilleure période dépend de ce que l'on veut observer et du cycle de chacun.

  • Juin et juillet : saison de reproduction du veau-marin. Les nouveau-nés apparaissent sur les bancs de sable et nagent presque aussitôt avec leur mère.
  • Août et septembre : le phoque commun mue et passe des heures hors de l'eau, ce qui facilite l'observation dans les baies abritées.
  • Septembre à décembre : période des naissances chez le phoque gris, avec un pic en octobre. Les jeunes au pelage blanc restent environ trois semaines à terre, sur des plages isolées.
  • Janvier à avril : mue du phoque gris, qui se regroupe alors en nombre sur les reposoirs.

Au fil de la journée, la marée compte davantage que l'heure : les phoques sortent de l'eau à marée basse, quand les rochers et les bancs de sable se découvrent. Consulter l'horaire des marées avant de partir évite de trouver un reposoir vide. Le matin tôt, les quais de Howth ou de Dalkey sont aussi plus calmes, ce qui rend les animaux moins méfiants. Les sorties en mer fonctionnent surtout hors hiver, et la mer d'Irlande comme l'Atlantique annulent souvent les départs par vent fort.

Observer les phoques sans les déranger

Un phoque qui lève la tête, fixe l'observateur puis glisse vers l'eau est un phoque dérangé. Chaque fuite lui coûte de l'énergie et peut séparer une mère de son nouveau-né, l'une des causes d'abandon des jeunes phoques gris en automne.

  • Rester à distance et utiliser des jumelles ou un téléobjectif ; reculer dès qu'un animal montre de la nervosité.
  • Ne jamais nourrir, toucher ni encercler un phoque, même à Howth où ils semblent habitués.
  • Tenir son chien en laisse sur les plages : un chien qui court vers un reposoir provoque une fuite générale.
  • Laisser seul un bébé phoque immobile sur une plage : sa mère chasse souvent au large et revient l'allaiter.
  • En kayak comme à bord, rester parallèle au rivage, couper le moteur ou réduire la vitesse et ne jamais s'interposer entre les phoques et la mer.

Ces règles ont aussi une base légale. En République d'Irlande, les phoques sont protégés par le Wildlife Act de 1976 et par la directive européenne Habitats, qui classe plusieurs sites du littoral en zones spéciales de conservation pour eux, dont des baies du Kerry et les Blasket. En Irlande du Nord, le Wildlife (Northern Ireland) Order de 1985 joue ce rôle. Perturber volontairement un phoque y constitue une infraction.

Bateau, kayak ou randonnée côtière : quelle activité choisir ?

Pour voir des phoques en Irlande, chaque approche a ses limites. L'excursion en bateau donne accès aux îles du large, comme Ireland's Eye, les Blasket ou Garinish, et permet de voir des colonies impossibles à atteindre à pied. Elle dépend de la météo et du calendrier des opérateurs.

Le kayak de mer, proposé à Dalkey, dans le Kerry ou le Connemara, offre une approche silencieuse. Il suppose un encadrement, car les courants autour des îles irlandaises restent puissants, et une vraie discipline pour garder ses distances. La randonnée, enfin, reste l'activité la plus respectueuse : sentier de Howth Head, digue de Bull Island, promenade de Coliemore ou plage de Mill Bay à Rathlin.

L'observation des oiseaux se combine facilement avec celle des phoques. Ces rivages abritent fous de Bassan, guillemots, pingouins et macareux, tandis qu'aux falaises de Moher, dans le comté de Clare, les oiseaux de mer attirent bien davantage que les phoques. Les amateurs de photo animalière y trouvent des sujets pendant toute la belle saison. Pour élargir le voyage à d'autres animaux en Irlande, du cerf de Killarney au dauphin de Dingle, ces sites côtiers forment un bon point de départ.

Que faire face à un phoque échoué ou blessé ?

Un phoque seul sur une plage n'est pas forcément en détresse : les phoques se reposent à terre plusieurs heures par jour, et un jeune phoque gris attend souvent sa mère. Les signes d'alerte sont une blessure visible, un filet de pêche enroulé autour du cou, une respiration difficile ou un animal très maigre, immobile des heures durant.

Dans ce cas, deux organismes interviennent en République d'Irlande. Seal Rescue Ireland, basé à Courtown dans le comté de Wexford, recueille et soigne des phoques de tout le pays ; son équipe associe vétérinaires et spécialistes de biologie marine. L'Irish Seal Sanctuary, un sanctuaire installé dans le nord du comté de Dublin, réhabilite lui aussi les jeunes phoques jusqu'à ce qu'ils puissent survivre seuls dans la nature. Les deux organismes publient sur leur site les consignes et le numéro à appeler. En attendant, garder les curieux et les chiens à l'écart, ne pas remettre l'animal à l'eau et ne pas tenter de le nourrir.

En Irlande du Nord, l'aquarium Exploris de Portaferry assure ce rôle. Signaler un phoque mort aide aussi les chercheurs, qui suivent ainsi l'état de santé des populations.

Pour inscrire ces sorties dans un voyage plus large, la liste de ce qu'il faut absolument faire ou voir en Irlande aide à relier Dublin, le Kerry et la côte d'Antrim dans un même itinéraire.

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